Équilibre et réceptivité, imprégnés au cœur du Hanji. 한지(韓紙)에 스민 ‘포용’과 ‘균형’

Par SONG Whan-bhum (송완범)
Professeur et Directeur du musée de l’Université de Corée, Séoul.
고려대학교 교수 겸 박물관장
Avril 2026

Paolo_Boosten_Versatiles_Résurgences_Ferme_Courbet_©ADAGP,Paris,2026

Tout d’abord, je considère comme un honneur le fait d’écrire la préface du catalogue de l’exposition personnelle “Versatiles Résurgences” du peintre Paolo Boosten. Je suis professeur et directeur du Musée de l’Université de Corée à Séoul (1), spécialisé en histoire et culture japonaise.

L’année 2025 a marqué le 120e anniversaire de la fondation de l’Université de Corée et, pour commémorer cet événement, le musée de l’Université de Corée a organisé une exposition spéciale intitulée «120 ans de progrès à l’Université de Corée : Enchanter l’intelligence future», que j’ai supervisée durant neuf mois et dont j’ai assuré le commissariat. Ma rencontre avec l’artiste Paolo Boosten fut purement fortuite ; je l’ai croisé par chance à l’occasion d’une exposition d’une connaissance fin janvier 2026 à Séoul. C’est sa visite ultérieure au musée de l’Université de Corée, lors de laquelle nous avons discuté de papier et de Hanji, qui a été le catalyseur de notre rencontre. Ce dont je me souviens encore aujourd’hui, c’est que sa passion pour le Hanji ne réside pas dans une considération purement matérielle de ce médium, mais qu’il le perçoit comme un véritable compagnon dans sa quête artistique.

Depuis plus de dix ans, l’artiste Paolo Boosten présente des peintures et des estampes sur papier de formes et de formats variés, privilégiant notamment la peinture à l’encre, la gravure et la lithographie. Alors qu’auparavant son attention s’était portée vers le travail sur des papiers provenant notamment d’Italie, de France, de Chine et du Japon, c’est suite à sa résidence et son exposition en Corée en 2024, qu’il s’est tourné vers les Hanji coréens et s’est immergé dans la compréhension de l’art d’Asie de l’Est – en particulier la peinture, l’artisanat et l’architecture dans la culture coréenne – à travers le prisme du Hanji. Son intérêt sincère pour les Hanji est manifeste, comme en témoignent ses voyages dans les provinces coréennes, où il a visité personnellement divers ateliers de fabrication afin d’en observer les méthodes traditionnelles.

La région de l’Asie du Nord-Est, qui englobe la Corée, la Chine et le Japon, est désignée comme la « sphère culturelle du caractère chinois ». Dans cette sphère, les outils indispensables à l’écriture et à la peinture sont appelés les « Quatre trésors du lettré » (文房四友) : le papier, le pinceau, la pierre à encre et l’encre. Ces quatre outils revêtent une importance culturelle considérable, symbolisant non seulement l’érudition, l’art et le développement du caractère du lettré, mais aussi sa quête artistique (文具). Parmi eux, le papier, considéré comme le premier des Quatre trésors, est l’élément le plus important : c’est lui qui reçoit et absorbe en son sein l’encre produite par l’action combinée des trois autres outils et leur offre la possibilité de s’exprimer pleinement.

À cet égard, la circulation d’un papier de grande qualité a enrichi les échanges au-delà des frontières ainsi que le commerce international. Le Hanji, en particulier, fabriqué depuis l’Antiquité à partir d’écorce de mûrier était connu sous différents noms tels que «Baekchuji» (白硾紙), « Gyerimji » (鷄林紙) ou « Goryeojji » (고려지) en raison de sa couleur blanche ; ou encore « Geumnyeongji » (金齡紙), « papier d’or » car il est aussi immuable et durable que l’or; « Jamgyeonji » (蠶繭紙), signifiant « papier de cocon de ver à soie » car il est aussi blanc et résistant que la soie. Alors que son nom a pu varier dans le temps, le papier a lui unanimement été reconnu pour sa remarquable blancheur, solidité et douceur comparable à celle de la soie. De ce fait, les lettrés d’Asie de l’Est rivalisaient ardemment pour se procurer ce papier de grande qualité nommé Hanji, et les récits de leurs efforts pour l’acquérir sont fréquemment retrouvés dans les textes historiques de divers pays de cette région du monde.

L’année 2026 marque le 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la Corée et la France. Pour commémorer cet événement, Paolo Boosten présente à l’occasion de son exposition personnelle à la Ferme Courbet, site du prestigieux Pôle Courbet, du 24 avril de cette année au 3 janvier de l’année prochaine, une installation picturale mettant à l’honneur le papier traditionnel Hanji comme principal support d’expression. Par ailleurs, le Musée de l’Université de Corée organisera une exposition commémorant les relations diplomatiques franco-coréennes au Musée Cernuschi à Paris, du 19 novembre de cette année au 4 avril de l’année prochaine, sur le thème « Les Yangban (nobles) de la dynastie Joseon ». N’est-il pas fascinant qu’une telle coïncidence se produise?

Enfin, je pense que ce qui, parmi les caractéristiques du Hanji, fait écho à l’univers artistique de Paolo Boosten – un artiste qui n’a cessé d’explorer les questions existentielles de l’équilibre et de la dualité – réside précisément dans l’ouverture et la réceptivité de ce matériau, ceci indistinctement du type d’outil utilisé, ainsi que dans l’équilibre avec lequel le Hanji accueille harmonieusement en son sein les différents pigments, matérialité de l’expression. Ces concepts clés ne constituent-ils pas précisément l’essence même de l’univers artistique que Paolo Boosten cherche à exprimer dans son travail sur Hanji ?

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(1) Fondée en 1905 à Séoul, l’Université de Corée (고려대학교) est l’un des établissements d’enseignement supérieur les plus anciens de Corée. Elle est également considérée comme l’un des trois établissements sud-coréens les plus prestigieux, avec la Seoul National University et la Yonsei University, lesquels sont désignés sous l’acronyme « SKY ».

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한지(韓紙)에 스민 ‘포용’과 ‘균형’

먼저 화가 파올로 보스텐(Paolo Boosten)의 개인전 도록에 서문을 쓰게 된 것을 영광으로 생각한다. 본인은 한국 고려대학의 교수 겸 박물관장으로 일본역사와 문화 전공자이다. 2025년은 고려대 개교 120주년이었고 고려대 박물관은 이를 기념하여 “120년에 걸친 고려대의 전진, 미래지성을 매혹하다” 라는 특별전을 개최했는데, 나는 9개월간에 걸친 전시회를 총괄했다. 파올로 작가와의 만남은 순전한 인연이었는데, 2026년 1월말 지인의 전시회에서 우연히 만났다. 그 후 그가 고려대 박물관을 방문하여 한지에 관해 이야기를 나눈 게 이러한 계기가 되었다. 지금도 기억에 남아 있는 것은 그가 한지에 갖는 열정의 밑바탕에 단순한 도구로서의 한지가 아닌 본인의 미적 추구를 위한 동반자적인 관계로 한지를 들여다 보고 있다는 점이었다.

Paolo_Boosten_Versatiles_Résurgences_Ferme_Courbet_©ADAGP,Paris,2026

작가 파올로는 10년 넘게 다양한 형태와 형식의 종이 위에 회화와 판화를 선보여 왔으며, 특히 수묵화와 판화 작업을 시도하고 있다. 이전의 관심이 이태리, 프랑스, 중국, 일본의 종이를 통한 작업이었다면, 2024년 한국에서의 레지던지 전시활동 이후에는 한국의 한지에 새롭게 주목하고 한지를 통한 동아시아 미술, 특히 한국 문화 속의 회화, 공예, 건축 등의 이해에 몰두하고 있다. 그의 한지에 대한 진정성은 한지를 전통적인 방법으로 만드는 것을 보기 위해 지방을 여행하면서 직접 여기저기의 한지 공방을 찾아 다닌 것에서 잘 나타난다.

한중일을 포함하는 동북아시아지역은 “한자문화권”이라고 말해진다. 이 문화권에서 문자를 쓰거나 그림을 그릴적에 없어서는 안 될 도구가 “문방사우(文房四友)”, 즉 종이, 붓, 벼루, 먹의 네 가지이다. 이 네 가지 도구는 문구(文具)로서만이 아니라 글쓴이의 학문, 예술, 인격 수양을 상징하는 문화적 의미까지 담고 있다. 그 중에서도 문방사우의 첫 번째로 꼽히는 종이는 다른 세 개의 도구가 합작하여 만든 먹물을 직접 온 몸에 담아 표현할 수 있는 가장 중요한 수용의 도구였다.

Paolo_Boosten_Versatiles_Résurgences_Ferme_Courbet_©ADAGP,Paris,2026

그런 점에서 질 좋은 종이의 유통은 국경을 국제적 교역을 풍부하게 했다. 특히 한지는 고대 이래로 닥나무로 만들고 색깔이 희다고 해서 ‘백추지’(白硾紙) 혹은 ‘계림지’(鷄林紙), 황금처럼 변하지 않고 오래 간다는 뜻의 금령지(金齡紙), 누에고치로 만든  명주처럼 희고 비단같이 질기다는 잠견지(蠶繭紙), 고려지 등과 같이 이름은 달랐어도 종이 색깔은 희고, 견고하면서도 매끄럽기가 비단과도 같다는 공통된 평가를 얻는다. 그러다 보니 동아시아의 문인들은 다투어 한지라고 불리는 질 좋은 종이를 찾았으며 이를 구하기 위해 애쓴 기록은 동아시아 각국의 사서에 흔하게 보인다.

올해 2026년은 한국과 프랑스가 국교를 맺은 지 140년이 되는 해이다. 이 기념할 해에 파올로는 저명한 박물관으로 손꼽히는 쿠루베 미술관에서 금년 4월24일부터 내년 1월3일까지 한지를 주요한 소통 소재로 삼아 개인전시회를 갖는다. 그리고 고려대 박물관은 파리 세루누치 미술관에서 금년 11월19일부터 내년 4월4일까지 “조선시대의 양반”이라는 주제로 한〮불수교를 기념하는 전시회를 갖기로 했다. 이런 우연이 있다니 너무 신기하지 않은가?

마지막으로 균형과 이중성이라는 실존적 질문을 끊임 없이 탐구해 온 작가 파올로의 작품 세계와 공통하는 한지의 특성은 바로 도구의 종류에 구애 받지 않는 포용성과 표현 재질을 균등하게 받아들이는 균형성에 있다고 생각한다. 이것은 바로 파올로 작가가 한지에 표현하고자 하는 그의 작품세계의 키워드가 아닐까?